Haut de la page

Les "p'tites bêtes" qui menacent nos chats... virus, bactéries, parasites divers & variés

Coryza (calicivirus, herpesvirus ou rhinotrachéite, chlamydia), le couple maudit coronavirus/péritonite infectieuse, les parasites (giardiose, pous, puces, tiques, teigne).

Par Odile.

Ce titre est faux ! Il n'a d'intérêt que pratique, celui de pouvoir faire un fourre-tout de micro-organismes, bactéries et virus (qui ne sont donc pas des p'tites bêtes, puisque ce sont... des bactéries et virus !) et d'êtres effectivement classés dans les animaux mais dont la taille va du micro au (plus ou moins petit) macroscopique. Ils sont causes de maladies infectieuses en ce qui concerne bactéries et virus, et de maladies parasitaires pour les autres.

Les informations qui suivent n'ont pas la prétention d'être complètes. Mais si elles peuvent être des pistes d'approfondissement...

Parasites

Ce terme de parasites caractérise l'opportunisme de ces êtres qui leur a fait adopter un mode de vie sur ou dans d'autres êtres vivants (hasard ou nécessité de l'évolution?). Non contents de squatter gratuitement, ils trouvent en plus gîte (au chaud) et couvert sous des formes diverses (selon qu'ils sont dessus ou dedans). Et en plus, ils ne donnent rien d'autre en échange que des symptômes plus ou moins graves. Heureusement, ils sont destructibles !

Giardia (G. intestinalis ou duodenalis)

Les pathologies félines ont différentes origines:
- Dites parasitaires, elles sont causées par des animaux de tailles très diverses.
- Dites microbiennes, elles sont soit bactériennes, soit virales.

Commençons par le plus petit... Charmant Protozoaire flagellé (soit un être unicellulaire pourvu de flagelles pour... se déplacer!) qui squatte l'intestin grêle où il trouve chaleur constante et nutriments à gogo.

Sa présence entraîne une malabsorption intestinale (moindre absorption des nutriments issus de la digestion) et se manifeste par des diarrhées d'odeur caractéristique (enfin... quand on a senti une fois!) plus ou moins persistantes mais souvent récidivantes. Le minou "hôte" tend à maigrir, voire à ne pas grandir-grossir s'il s'agit d'un bébé.

Diarrhées et amaigrissement peuvent donc être des indices d'une giardiase qui sera confirmée par analyse des selles. Lesquelles selles contiennent en nombre des kystes, formes de résistance et dissémination de cette charmante petite bestiole. Très contagieuse, et aussi pour l'Homme, par voie oro-fécale ("oro" c'est pour la bouche et "fécale" c'est pour ce qui sort de l'orifice opposé et porte le joli nom de féces...).

A ce moment là de connaissances, on sort la batterie traditionnelle : hygiène et traitement.

Pour l'hygiène, celle des litières passe par une évacuation rapprochée du matériau d'accueil (et des cacas...) avec javellisation intensive et régulière. On peut adopter une litière "premier prix" qui sera changée quotidiennement, le problème des litières "de luxe" agglomérantes étant qu'on tend à les conserver...

Bien sûr, on poursuit avec balai-serpillère régulièrement dans tous les lieux de vie, et lessivages rapprochés des doudous des "doudous". Si on n'est pas dépassé par le nombre, on peut aussi procéder au lavage des culottes et des papattes des Coonies dès qu'ils sortent de la caisse à litière. Car vous pensez bien que la propreté légendaire des "doudous" consistant à lécher soigneusement les belles culottes bouffantes et les grosses papattes induit un taux de réinfestation important.

Forcément, les humains veilleront à savonner soigneusement leurs mains et à ne pas sucer leur pouce! Ceci pour dire que la vigilance doit être accrue s'il y a de petits humains, lesquels fourrent leurs mains partout et suçotent ensuite avec délice leurs petits doigts crasseux...

Pour le traitement, il est interne (forcément) et nous disposons de 2 pistes. La première s'appelle les nitro-imidazolés, dont le métronidazole (flagyl® par exemple), la deuxième certains vermifuges. La notice de ces produits ne signale pas systématiquement ces vertus anti-protozoaires. Il n'empêche qu'elles sont connues par certains (dont le fabricant et certains vétérinaires !). Le protocole de traitement doit tenir compte des réinfestations à l'origine de générations suivantes nées des formes de résistance réingurgitées par le minou (par toilettage !). Il y a donc répétitivité du traitement. Et puis le flagyl®, les humains en font aussi une petite cure au cas où... (au pire, s'ils n'avaient pas de diarrhées dues à la giardiase, ils en auront une à cause du métronidazole !!!). Toujours traiter tous ceux qui sont susceptibles d'être parasités est une sorte de B-A-BA.

Les Vers

C'est plus gros... Et chacun connaît le sens de l'expression "avoir les vers"... En tant qu'humains privilégiés, peut-être avez-vous eu à subir dans votre jeune âge certaines démangeaisons liées à ces petites "virgules" qu'on appelle des oxyures. Plus rare pour nous l'occasion d'être parasités par un Ténia, lequel par contre peut squatter les minous chasseurs.

Nous ne disserterons pas sur la classification de ces charmantes bestioles qu'il est relativement facile d'éradiquer de l'organisme de nos Maine Coons. Le seul intérêt est de savoir qu'il existe, grosso modo, 2 catégories de vermifuges: ceux qui traitent tous les vers dont le ténia, et ceux qui traitent tous les vers, sauf le ténia. Il existe différentes catégories de vermifuges et tous ne traitent pas tous les vers. Moyennant quoi, il peut être judicieux d'alterner les produits, avec une fréquence qui peut être adaptée au mode de vie du chat. S'il vadrouille dans un petit ou grand coin de nature, il est opportun de vermifuger plus fréquemment car il y a susceptibilité d'ingestion de proies diverses et variées qui sont source de contamination. Si le chat vit en appartement, et qu'il n'est pas nourri avec des proies vivantes (!), on peut se ramener à 2 (ou 3) vermifugations dans l'année.

D'après le Dr. Gregory Casseleux (UMES- ENVA), afin de ne pas appliquer n'importe quel produit pas forcément adapté à la panoplie de parasites de nos chats, il peut être judicieux, quand il y a présence de chatons par exemple, de prélever des excréments des uns et des autres et de faire analyser le mélange. Ainsi peut être établi un statut parasitologique du moment et du lieu permettant de choisir le produit adéquat (et de se passer des autres). Il est en effet important de savoir que les vermifuges sont des produits délivrés sur ordonnance. Les substances actives qu'ils contiennent ne sont pas anodines et ceci impose de ne les utiliser que si elles sont nécessaires.

Les DSV, Direction des Services Vétérinaires ont des laboratoires qui réalisent à la demande du vétérinaire des recherches complètes des parasites intestinaux (coproscopie) pour un coût modique.

Les Insectes et les Acariens

Puces, poux et tiques, hôtes du pelage.
Ils sont éliminés par des insecticides et éloignés par des insectifuges.
Attention! Ne pas traiter avec des insecticides pour chien car danger de mort.

Là, nous basculons du côté des p'tites bêtes avec plein de pattes... Mais il y en a seulement 6 ou 8 ! Ce sont les PPT (pas les PTT !) pour pou/puce/tique. Et des acariens agents de gales.

Là encore, la classification phylogénétique de ces bestioles ne revêt qu'une importance secondaire. Elles adorent le chaud "sweet home" offert par le pelage ou carrément la peau des mammifères ainsi que leur sang... Des mini vampires en quelque sorte !

Voyons le premier groupe, où les plus fréquents sont puces et tiques.

Là encore, il y a pléthore de traitements possibles pour les éviter (ce sont les insectifuges, qui, comme leur nom le signale, font fuir), ou les éliminer (ce sont les insecticides). La fréquence de traitement suggérée est toutes les 4 semaines.

On prendra garde de ne jamais appliquer sur un chat certains insecticides destinés aux chiens. Car certaines molécules admises comme non toxiques pour les uns sont hautement toxiques pour les autres, dont les félins. Certains voient ainsi leur vie gravement compromise (le "sauvetage" nécessite une intervention rapide et coûteuse du vétérinaire afin de tenter de les sauver de cet empoisonnement). Et c'est moins rare qu'on ne le pense !

Les gales sont causées par des acariens qui poussent le vice à creuser des galeries dans la peau. Ca gratte!

La plus commune est celle des oreilles ou otocariase. Une hygiène régulière des oreilles peut aider à l'éviter et surtout à intervenir vite si on constate la présence d'un cerumen très sombre (voire noir) en grande quantité et très malodorant. Un traitement bien suivi avec des gouttes auriculaires vient assez facilement à bout du problème. Gare à la contagion là aussi, par contact. Des gales plus étendues peuvent affecter le corps. Ca gratte toujours, des dépilations accompagnées de pellicules peuvent les signaler. D'autres agents en sont la cause, comme Cheyletiella. Mais les traitements, s'ils sont un peu contraignants, sont efficaces.

Souvent, ce sont les conséquences du grattage intempestif qui sont les plus ennuyeuses: il y a risques de surinfection des griffures que l'animal se fait!

Bactéries et virus

Quelques généralités

Avec ces micro-organismes, nous entrons dans le domaine de causes de pathologies souvent plus lourdes et pour certaines inguérissables. Les bactéries sont normalement sensibles à des traitements antibiotiques.

Par contre, il n'existe pas de molécules capables de détruire totalement les virus dans l'organisme. Il ne faut alors compter que sur la réponse immunitaire efficace de l'animal, plus une aide médicale évitant les surinfections bactériennes, pour espérer la guérison. Il existe des vaccins contre certaines pathologies. Il est important d'en connaître l'intérêt et certaines limites (voir la page vaccins).

Il s'avère que bien des chats resteront, suite à une infection bactérienne ou virale, des porteurs sains : ils ne présenteront plus de symptômes de la maladie, ou alors de façon discrète, et à certaines occasions (fatigue liée à une autre maladie, stress...). Mais en tant que porteurs, ils sont une source de contamination pour les autres chats, parce qu'ils continuent sporadiquement à excréter les agents pathogènes dans le milieu et vers les autres chats (éternuements, nose to nose...).

Cette situation représente un gros problème en élevage, puisqu'il faut déjà repérer les animaux porteurs puis faire le choix de les sortir de l'élevage ou... de ne plus élever dans certains cas, sauf à adopter des règles particulièrement coercitives qui ne sont pas forcément dans les choix ou les possibilités de tous. Mais c'est une réalité qu'il faut aussi accepter, à défaut d'avoir les moyens de la résoudre simplement.

L'élevage est une collectivité d'animaux (plus de 2 en général). Or le risque de contagion, en fait le risque épidémiologique, croît de façon exponentielle (et non linéaire) en fonction du nombre d'individus rassemblés. Ainsi, si le risque était linéaire, il serait de 4 pour une population de 4 chats en étant à 2 pour une population de 2 chats. On évalue le risque épidémiologique est à 12 pour une population de 4 chats ! Car chacun d'eux est susceptible de contaminer les 3 autres... Vous suivez? Cela nous donne 4 chats dont chacun peut en contacter 3 soit E=12. Et on monte à 380 pour un effectif de 20 chats, suivant l'application de la formule de calcul E = n2 - n [(20X20)-20].

Une collectivité animale offre donc à ces micro-organismes (comme aux parasites d'ailleurs) des conditions optimales de contagion de nouveaux individus. Et même après guérison apparente, l'existence de porteurs sains, qui excrètent leurs microbes à certaines occasions, devient source de réinfections. Dans un petit nombre de cas, il peut y avoir évolution vers la chronicité d'une pathologie, ce qui rend au moins le statut de porteur visible.

Tout ceci pour dire aux adoptants potentiels de chats d'élevage qu'il ne doivent pas avoir des peaux de banane devant les yeux! Ils adopteront un bébé qui est susceptible de porter plein de microbes, ceux de sa chatterie de naissance, sans pour autant manifester une quelconque maladie. Par contre, le changement de milieu et de mode de vie, lorsqu'il rejoint sa nouvelle famille, peuvent être l'occasion de manifester une infection, par activation suite au stress. Mais il est tout aussi clair que tout chaton rejoignant une nouvelle famille rencontrera les microbes de son nouveau lieu de vie et devra les "gérer". Les échanges ne sont jamais à sens unique en ce domaine, et c'est une des premières réalité à admettre quand on adopte un animal.

Ce à quoi s'attache l'éleveur, c'est l'absence de contamination par les agents les plus pathogènes. Quant aux inconnus...

Ci-dessous sont donc présentés les plus célèbres. Certaines données récentes sont issues du séminaire du 25 mars 2006, Actualités de la vaccination (tenu à l'ENV d'Alfort à l'initiative de la Société Française de Félinotechnie), dont vous pouvez lire un résumé ainsi que les interventions du Pr. Jarrett. Vous trouverez également sur le site du Dr Diane Addie des renseignements d'une extrême qualité en ce qui concerne certaines pathologies virales félines.

Bactéries

Maladies bactériennes
La plus fréquente est le coryza: symptômes de "rhume", éternuements, écoulements du nez et/ou des yeux.
Traitement antibiotique résorbant définitivement ou momentanément les symptômes.

Les plus connues sont les Chlamydiæ (Chlamydophila felis). Elles occupent principalement l'appareil respiratoire et les yeux, donnant des symptômes de type "rhume", en fait le syndrôme que l'on appelle coryza: manifestations respiratoires et/ou oculaires...

Moins connue mais tout aussi fréquente, Bordetella (B. bronchiseptica) responsable de la toux de chenil et... toux de chatterie. Ce qui est suffisamment imagé en ce qui concerne les symptômes...

Chlamydiose et bordetellose cèdent à des traitements antibiotiques, sauf bascule vers un porteur chronique sur le plus ou moins long terme (ce portage chronique est caractérisé 18 à 19 mois après l'infection primaire). L'évolution est donnée comme favorable (soit une guérison/disparition du syndrôme) en 3-4 semaines pour la chlamydiose et 10 jours pour la bordetellose. Pour la désinfection des locaux, l'ammonium quaternaire s'avère efficace.

Enfin, la valence chlamydiose existe dans certains vaccins et les nouvelles générations vaccinales limitent les risques que posaient les plus anciens: celui de déclencher une belle épidémie dans une chatterie contaminée de façon asymptomatique.

Virus

Maladies virales
- Le coryza (encore!). Mêmes symptômes que pour la maladie bactérienne. Mais Calicivirus et Herpèsvirus peuvent en être la cause.
- FeLV, FIV et PIF, les 3 généralement mortelles.
- Typhus, souvent mortel pour les chatons.
Seulement des traitements "d'aide de l'organisme", les virus n'étant pas détruits par les antibiotiques. Peu voire pas d'antiviraux vraiment efficaces disponibles.

Voir la rubrique vaccination.
Les vaccins disponibles limitent l'incidence et la gravité des maladies bactériennes et virales. Toute pathologie détectée doit amener à consulter: l'automédication n'est pas plus conseillée que pour les humains.

Doit-on les classer dans les êtres vivants, eux qui ne partagent avec nous que la nature du matériel génétique? Ils représentent une forme extrêmement évoluée de parasitisme (une sorte de nec plus ultra…), si on considère qu'ils ne possèdent finalement plus que les moyens de pénétrer dans les cellules et les informations génétiques (assorties de quelques "outils" moléculaires) leur permettant de détourner à leur profit toute la machinerie cellulaire de synthèse. Ainsi, le virus intègre ses gènes dans l'ADN de son hôte, obligeant la cellule à synthétiser toutes les molécules nécessaires pour construire une tripotée de nouvelles particules virales. Quand la cellule en regorge, elle en meurt en libérant cette foule qui va pouvoir infecter de nouvelles cellules. Car un des particularismes des virus est de ne pouvoir "s'activer" que dans une cellule. En dehors, le virus est dormant et a une survie globalement assez courte (avec l'exception qui confirme la règle...). Pour l'éliminer, il faut donc soit l'empêcher de rentrer dans les cellules, soit agir à l'intérieur de celles-ci. Et voilà qui explique (caricaturalement) la grande difficulté pour élaborer des traitements ou des vaccins.
En bref, ils collent assez bien à l'image "pour vivre heureux vivons cachés".

Contre certains virus, des vaccins existent. Ils sont plus ou moins efficaces en ce sens qu'ils induisent une protection (évaluée en %) variable.

Il y a aujourd'hui moyen de les caractériser par des tests PCR Poly Chain Reaction. En très simplifié, on isole à partir de prélèvements sanguins ou d'autres tissus des séquences de matériel génétique qui sont amplifiées (c'est-à-dire "reproduites/multipliées") et mises au contact de sondes moléculaires spécifiques (des séquences complémentaires de séquences propres au virus recherché). C'est l'attachement de ces sondes sur l'ADN amplifié qui peut être visualisé et va permettre de valider l'infection virale (si la sonde ne trouve pas sa séquence complémentaire, ceci signifie qu'il n'y a pas d'ADN propre au virus et donc... pas de virus). Ceci a des limites: si le virus est dormant dans des cellules, un test PCR sera négatif. Dans certains cas, il faut donc d'abord créer un stress chez le chat afin de réveiller le virus, ceci avant de faire le dépistage par PCR.

1. Herpesvirus

... ou FHV-1. pour Herpèsvirus Félin (Feline Herpes Virus) C'est un virus à ADN, qui a une très courte durée de vie à l'extérieur évaluée à quelques heures, et est détruit par un savon simple. Il est un des agents du coryza mais peut infecter bien d'autres organes que ceux de la sphère orale. Dur dur de s'en défaire... Ceux d'entre vous qui trimbalent un herpès buccal en savent quelque chose ! Il peut faire des ravages sur les portées quand transmis par une mère porteuse (mais il n'est pas le seul, une chlamydiose peut avoir les mêmes conséquences).

La plupart voire la totalité des chats qui ont été infectés restent des porteurs chroniques. Le problème posé par ce virus, à haut degré, c'est qu'il se cache dans une glande et ne produit pas beaucoup de protéines virales. Il passe ainsi inaperçu du système immunitaire. Le chat excrète le virus environ 1 semaine après un stress quelconque (changement d'habitation, nouveau venu dans l'environnement, opération chirurgicale, traitement médical à base de corticostéroides ou cyclosporin A, gestation, mise bas, allaitement...), et la phase d'excrétion peut durer de quelques heures seulement à 1 ou 2 semaines.

Dans une étude portant sur 600 chats testés en chatteries, 10% se sont avérés porteurs. Et 80% d'entre eux restent des porteurs chroniques (Gregory Casseleux, Villefontaine le 08-11-2004). D'après le Dr Addie, 90% des chats sont exposés au virus au cours de leur vie. Et sur 90% des chats exposés au virus F.H.V., 80% sont infectés à vie et excrètent le virus par intermittence. Le repérer est très difficile car si on fait un test PCR alors que le virus est caché, le résultat est négatif alors que le chat est bel et bien porteur et qu'il pourra excréter, et donc contaminer les autres chats, à certains moments de sa vie. Un dépistage ne doit donc être fait qu'après une situation de stress déclenchant l'éventuelle excrétion.

L'herpès virus est mortel pour les chats immuno-déprimés et les chatons qui ne bénéficient pas d'une couverture vaccinale, car trop jeunes. Parmi les virus provoquant des maladies des voies respiratoires supérieures, l'herpès virus est le plus virulent car il provoque des pneumonies et des décès. Le virus de l'herpès reste actif dans l'environnement pendant 24h.

2. Calicivirus

... ou FCV. pour Calicivirus félin (Feline CaliciVirus) Voici un virus dit "nu", ce qui lui confère une meilleure résistance à l'extérieur (!), soit environ une semaine. Il est un des agents de coryza, mais peut aussi n'affecter que la bouche où il détermine une stomatite aiguë avec "gingivite" (comme ce terme vague et mal interprété me... fatigue!) et ulcérations (des trous quoi! Sur la langue, les gencives, le palai, les piliers...). Là, on a de la chance ou pas ("on", c'est plutôt le chat)! Celle de "tomber" sur une souche plus ou moins pathogène chez des chats plus ou moins immuno-compétents. Récemment, des épidémies de calicivirose très sévères ont frappé des chatteries aux Etats-Unis et en Europe. Outre les symptômes habituels de la calicivirose, ces souches hypervirulentes induisent des signes particuliers tels qu'un œdème de la face et des membres, de la nécrose et des ulcérations cutanées, une détresse respiratoire, un possible ictère et 30% à 50% de mortalité (Pedersen et al., 2000 ; Shorr-Evans et al., 2003).

Mais ce qui s'applique à celui-là s'applique aux autres virus! A savoir une grande capacité de muter à l'origine d'une variabilité de leurs molécules ayant valeur d'antigène pour les autres organismes. Ceci leur permet d'échapper à la réponse immunitaire de l'hôte.

La gravité des symptômes comme la guérison sont donc affaire de bon terrain immunitaire du chat et/ou de moindre virulence de la souche contaminante. La somme de ces 2 caractéristiques va donc déterminer la possibilité de guérison, ou son absence, ainsi que le fait de laisser des chats porteurs sains et excréteurs sporadiques (comme pour les autres "microbes"!).

Dans des formes buccales graves, la persistance des ulcérations n'autorise plus le chat à se nourrir convenablement (la souffrance devant être abominable) et conduit en plus ou moins de temps à une cachexie qui amène à choisir l'euthanasie. Dans certains cas, l'ablation totale des dents peut amener une guérison, ou un rémission dans la mesure où l'on arrive ainsi à éliminer les réservoirs de virus que sont les alvéoles dentaires.

Les vaccins français de dernière génération sont fabriqués à partir de souches plus récentes (donc mutations plus récentes). On peut donc en espérer une meilleure efficacité... Car il est vrai que si la valence calicivirus est systématiquement intégrée aux vaccins, pour son efficacité, beaucoup d'éleveurs ont eu l'occasion d'en voir les limites. comme d'ailleurs en ce qui concerne l'herpès. Les vaccins nécessitent effectivement un renouvellement en relation avec l'apparition "rapide" de nouvelles souches hypervirulentes (voir la page vaccins pour davantage de détails).

3. Coronavirus

Les coronavirus entéritiques ou FCoV pour Coronavirus Félin (Feline CoronaVirus), comme leur qualificatif le souligne, se font héberger dans l'intestin (entéritique = de l'intestin). Ils sont relativement "anodins" tant qu'ils y restent. Ils peuvent expliquer quelques diarrhées dont l'intensité et la durée sont variables. Leur gros défaut est de muter très vite (comme tout micro-organisme qui se respecte!) en donnant ainsi naissance à de nouvelles souches par ces mutations. Parmi elles, certaines formes très pathogènes qui transforment nos coronavirus en migrateurs: ils quittent l'intestin et s'en vont, véhiculés par le sang, s'installer dans d'autres organes où ils mettent... un grave et dramatique bazar. C'est alors la PIF, avec un cortège de symptômes plus ou moins variés, variables et... à identifier correctement. Mais ils conduisent généralement à la mort. Rarissimes sont les chats qui survivent à une PIF. Mais très nombreux les chats qui ont des coronavirus entéritiques! Ainsi va le monde de l'élevage félin qui additionne les microbes...

La PIF fut l'épouvantail des années 1990-2000. Comme nous sommes encore dans les années 2000, on peut se dire qu'elle est toujours un épouvantail, mais un peu vieilli et usé.

Heureusement, aujourd'hui nous pouvons revenir à plus de sérénité. Celles et ceux de l'élevage qui ont pratiqué pendant des mois un suivi de la charge en coronavirus entéritiques (PCR sur écouvillon rectal + PCR sanguine) dans leur cheptel vous diront que l'on constate généralement une négativation (donc une désinfestation) entéritique entre 1 an 1/2 et 2 ans 1/2. La plupart des chats se débarassent donc tous seuls de leurs coronavirus "de jeunesse". Bien sûr certains développent une forme pathogène PIF, généralement dans le jeune âge. Mais l'incidence de cette pathologie est finalement assez faible si l'on considère le nombre très élevé de chats porteurs de coronavirus entéritiques.

Il n'existe pas de vaccin. On peut savoir le statut entéritique de son/ses chats par le test PCR sur écouvillon rectal. On peut "doubler" par la PCR sanguine : elle est négative si les coronavirus entéritiques n'ont pas généré les formes pathogènes mobiles.

Un dosage d'anti-corps dans le sang permet de savoir :

  • S'il est absolument nul: que le chat n'a jamais été en contact (et donc n'a jamais hébergé de coronavirus) avec ce virus. Gare aux contaminations possibles avec des chats porteurs !
  • S'il est non nul et limité à certaines valeurs (indicateurs variables suivant les laboratoires): le chat a eu (et/ou a encore) des coronavirus entéritiques et il a développé une réponse immunitaire spécifique au cours de laquelle il a produit des anti-corps anti-coronavirus qui circulent dans son organisme et sont prêts à détruite tout virus reconnu comme appartenant à cette famille si ce n'est pas une mutation hautement pathogène... (ouf! prise d'air!). Il aura tout sa vie des anti-corps circulants.
  • S'il est à des valeurs qui montent, qui montent... On soupçonne alors la mutation pathogène, en corrélation avec certains symptômes. On vérifie par PCR sanguine et entéritique ainsi que sur d'autres prélèvements. On ne peut pas faire grand-chose pour le minou, hormis lui offrir une mort décente avant qu'il ne soit réduit à trop de déchéance et de souffrance.

Concernant les locaux, on en reste (ou revient) aux règles de base: balai et serpillère ! L'eau de javel est un bon produit pour activer la mort des virus extérieurs.

Vous trouverez de très bonnes données quant aux coronavirus sur le site du Dr. Addie.

4. Typhus

Aaaaah ! Ce bon vieux FPV! Feline ParvoVirus Nu aussi, et trèèès résistant hors de l'organisme (un an dans les matières organiques et 30 mn à 56C! L'exception confirmant la règle donc!). Résistant de plus à beaucoup de désinfectants. Il faut de la "bête" eau de javel ou du formol aux bonnes doses pour l'éradiquer (dehors, pas dans le chat!)

Dedans, il faut reconnaître qu'on en parle beaucoup plus en élevage canin que félin... Mais...

Nos minous sont en principe vaccinés contre ce virus. Et les vaccins ont une très bonne efficacité, reconnue par le monde vétérinaire.

Le parvovirus est essentiellement grave chez les jeunes animaux. Il donne lieu à des morts subites ou des symptômes de gastro-entérite aiguë qui conduisent souvent à la mort en 24 heures. Chez l'adulte porteur, il n'y a aucun signe clinique repérable, ce qui lui laisse l'occasion d'excréter tranquillement des tas de virus partout.

Des morts subites ou des gastroentérites dramatiques se concluant par une mort doivent donc absolument conduire à faire autopsier afin de déterminer si ce virus est en cause. Ou si c'est autre chose, cela va de soi! Ensuite, la règle en élevage canin est de ne plus faire de reproduction dans les locaux pendant 2 ans... Il faut effectivement désinfecter et vu la résistance de ce virus, le délai "raisonnable" est long. La même règle doit donc être appliquée en élevage félin.

5. Felv et FIV

Felv, pour virus Leucémogène Félin (Feline Leukemia Virus)responsable de la Leucose Féline et FIV, pour virus de l'Immunodéficience Féline (Feline Immunodeficiency Virus) responsable du "SIDA" du chat.

Là, on gravit encore un cran dans la sophistication... (nda: Excusez-moi, je ne peux qu'être admirative devant ces particules très élaborées !). Car voilà deux rétrovirus: en clair, cela veut dire que leur matériel génétique n'est pas de l'ADN mais de l'ARN. Ceci étant, la suite reste la même : l'ARN est retrotranscrit en ADN viral qui s'intègre au génome de la cellule hôte etc...

Ils déterminent l'un et l'autre un syndrôme d'immunodéficience qui conduit à la mort à plus ou moins long terme. Ils sont spécifiques au chat et non transmissibles à l'homme.

Ces pathologies sont relativement fréquentes dans les populations de chats errants, normalement beaucoup plus confidentielles en élevage. La transmission se fait par contact direct, litières ou gamelles pour le Felv. Pour le FIV, il faut par contre un contact sanguin, ce qui se produit essentiellement lors des saillies ou de morsures par des animaux infectés. En principe (!), dans un élevage, les minous ne vont pas batifoler librement dans la verte campagne avec liberté de rencontrer et de faire des galipettes avec le premier venu ou de se "f*** sur la gueule" avec l'autre matou du coin qui veut se tapper la minette... Donc, plus confidentiel mais...

Le Felv bénéficie d'un vaccin dont les nouvelles générations offrent une meilleure protection vaccinale car induisant des mécanismes immunitaires plus pointus. Il peut être inclu dans une primo-vaccination, ou fait en dehors, avec un rappel dans les délais.

Contre le FIV, pas de vaccin en France...

Des tests PCR sanguins spécifiques permettent de caractériser le virus infectant. Pour les traitements, ils ne sont que palliatifs, donc destinés à améliorer et maintenir une certaine "qualité de vie" du chat, jusqu'au moment de la fin inéluctable.

Le tour est fait des plus connus. Ce qui nous laisse tous les inconnus, ceux qui donnent des symptômes ressemblants, plus ou moins graves donc invalidants... Car le rythme de multiplication de ces êtres dépasse très largement celui des cellules de nos Maine Coons (et des nôtres), ce qui leur confère un rythme de mutation bien plus grand dans un même temps. Il nous faut donc admettre que leur variabilité leur donne et donnera toujours une "longueur d'avance". Les humains que nous sommes et les félins qu'ils sont resteront définitivement inféodés à la vitesse de réaction du monde de la recherche et à ses traductions en terme de prévention (vaccins) et de traitements. Id est...

Si quelques considérations à ce sujet vous tentent, voyez quelques considérations prophylactiques...

Mais finalement, n'oubliez pas que 2 règles majeures sont à suivre : Hygiène et traitement, filles modernes d'Hygie et Panacée, 2 déesses filles d'Esculape (Dieu de la médecine). L'une "prévient" et l'autre "soigne" (merci Grégory Casseleux!). L'hygiène des locaux, c'est contraignant au quotidien, cela ne garantit pas tout, mais cela reste une valeur sûre... Les soins sont tout aussi contraignants mais il faut admettre les progrès qui sont réalisés dans l'élaboration de molécules toujours plus efficaces. De même pour les vaccins de nouvelle génération (voir page vaccination).

A lire aussi...

P'tits vaccins

Quelques considérations prophylactiques...

© Cooncept - 2007.